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Personnaliser

Géographies intérieures

Marion Sanséau, Claire Coupvent, Julie Bernet Rollande, Noémie Pons

Septembre a toujours quelque chose de particulier.

La ville recommence à marcher. Les cafés se remplissent à nouveau, les livres réapparaissent sur les terrasses, les étudiants reviennent, les conversations reprennent leur place dans les rues. Le Quartier latin retrouve doucement son rythme.

La rentrée est souvent synonyme de vitesse. On court, on planifie, on remplit des agendas. Pour cette exposition, nous avions envie de proposer le mouvement inverse : ralentir. Regarder. Et peut-être, un instant, revenir à soi.

Géographies intérieures est née de cette idée simple : nous portons tous des paysages en nous.

Des territoires faits de souvenirs, de désirs, de peurs, de tensions, de silences et d’endroits plus difficiles à nommer. Ils se déplacent avec nous, se transforment, se heurtent parfois. Certaines zones demeurent longtemps chaotiques ; d’autres s’apaisent. Comme toute géographie, la nôtre possède ses reliefs, ses failles, ses frontières et ses refuges.

À travers les œuvres de Marion Sanséau, Claire Coupvent, Julie Bernet Rollande et Noémie Pons, l’exposition envisage le paysage non plus seulement comme ce qui se trouve devant nous, mais comme la projection d’un territoire intime.

L’espace de la galerie devient alors lui-même une cartographie.

Au rez-de-chaussée, les œuvres de Marion Sanséau et Claire Coupvent ouvrent l’exposition sur des géographies traversées par le mouvement, la fragmentation et la densité. Le paysage y échappe à toute stabilité. Il se construit par strates, tensions et déplacements, comme une pensée qui cherche sa forme ou une émotion trop vaste pour être contenue.

Ces territoires ne cherchent pas à résoudre le chaos. Ils lui donnent une place.

Car notre paysage intérieur n’est jamais parfaitement ordonné. Il est fait de contradictions, de surgissements, de zones d’ombre autant que d’élans. Il peut être fragile et puissant dans un même mouvement. Chez Sanséau et Coupvent, cette complexité devient une richesse : quelque chose circule, déborde, résiste et se transforme.

Puis il faut descendre.

Quitter la lumière du rez-de-chaussée, emprunter l’escalier et entrer sous la voûte.

Ce déplacement physique accompagne un autre mouvement, plus intime : celui qui consiste à aller vers l’intérieur.

Dans cet espace plus secret, presque soustrait au rythme de la rue, les œuvres de Julie Bernet Rollande et Noémie Ponsouvrent des territoires plus silencieux. Le paysage respire autrement. Les formes s’apaisent, l’espace se déploie, quelque chose semble enfin pouvoir se déposer.

Mais cette sérénité n’est pas présentée comme un état donné.

Elle est un chemin.

Descendre dans l’exposition revient ainsi symboliquement à descendre en soi. À traverser ses propres reliefs avant de pouvoir atteindre un espace où le regard et le corps trouvent une autre respiration.

La paix n’est peut-être pas l’absence de chaos. Elle est ce que l’on parvient à construire après l’avoir traversé.

Réunir ici quatre artistes femmes donne à ce parcours une résonance particulière. Non parce qu’il existerait une manière féminine unique d’habiter ou de représenter le monde, mais parce que leurs œuvres affirment, chacune différemment, la puissance de l’intériorité. Elles font de ce qui est parfois considéré comme fragile, intime ou invisible une matière capable de produire des territoires entiers.

Leurs paysages ne sont pas des retraits du monde.

Ils sont une manière de reprendre possession de celui que l’on porte en soi.

Géographies intérieures invite ainsi le visiteur à accomplir un trajet : traverser le trouble, accepter la complexité, descendre, ralentir, regarder.

Et comprendre peut-être que certains paysages ne se découvrent qu’en fermant un instant les yeux.

Marion Sanséau, Claire Coupvent, Julie Bernet Rollande, Noémie Pons

Galerie KHÅL, 6 rue de l'Arbalète 75005 Paris

3 septembre — 8 octobre 2026

Du mardi au samedi de 11h00 à 19h00

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