IRL
In Real Life.
Trois lettres devenues familières. Elles apparaissent dans nos conversations pour distinguer ce qui se passe « dans la vraie vie » de ce qui se déroule sur nos écrans. Pourtant, cette distinction semble aujourd'hui de moins en moins évidente.
Nous vivons dans un monde où les images précèdent souvent l'expérience. Les paysages sont photographiés avant d'être regardés. Les souvenirs sont archivés avant d'être vécus. Les visages sont filtrés, les voix corrigées, les récits réécrits, tandis que les intelligences artificielles produisent des images, des textes et des sons dont l'origine devient parfois impossible à identifier.
À mesure que les représentations gagnent en précision, elles semblent peu à peu remplacer le réel qu'elles étaient censées documenter. L'image ne reflète plus le monde : elle finit par lui servir de modèle.
IRL réunit trois pratiques artistiques qui interrogent cette transformation sans jamais y répondre de manière univoque.
Les peintures de Morgan Bisoux jouent avec notre désir de perfection. Leur virtuosité technique trouble le regard et interroge notre fascination contemporaine pour des surfaces toujours plus lisses, plus séduisantes, plus irréprochables. Elles nous rappellent que la représentation n'est jamais neutre : elle construit aussi notre manière de percevoir le monde.
Les photographies et installations de Gabriel Chir réintroduisent la matière, le hasard et l'accident. Loin des images parfaitement maîtrisées, elles laissent apparaître ce qui résiste au contrôle : les traces, les imperfections, les tensions entre les objets, les espaces et les corps. Elles redonnent une épaisseur à une réalité que nous avons parfois tendance à traverser sans la voir.
Avec son installation sonore, Markus Mehr déplace enfin notre attention vers un médium qui ne peut être ni figé ni possédé. Le son n'existe que dans le temps de l'écoute. Il oblige le visiteur à ralentir, à habiter l'instant, à faire l'expérience d'une présence qui échappe à la logique de l'image.
En réunissant ces trois démarches, IRL ne cherche pas à opposer le numérique au réel, ni à condamner les technologies contemporaines. L'exposition invite plutôt à interroger notre manière d'habiter le monde, au moment où les représentations semblent parfois prendre la place de l'expérience elle-même.
Que reste-t-il du réel lorsque son image devient plus importante que lui ?
Peut-être le réel n'a-t-il jamais disparu.
Peut-être attend-il simplement que nous apprenions à le regarder de nouveau.
Gabriele Chirienti, Morgan Bisoux, Markus Mehr
Galerie KHÅL, 6 rue de l'Arbalète 75005 Paris
29 octobre — 27 novembre 2026
Du mardi au samedi de 11h00 à 19h00
Sélection d'œuvres









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Gabriele Chirienti
Photos 3
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Gabriele Chirienti
Photo 2
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Gabriele Chirienti
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Morgan Bisoux
sacred silence
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Morgan Bisoux
intérieure - détachement
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Morgan Bisoux
Within
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Morgan Bisoux
montagne , tombeau
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Markus Mehr
Supra
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Markus Mehr
Supra
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL -
Markus Mehr
Supra
Courtoisie de l'artiste et de la Galerie KHÅL