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Personnaliser

Faire commun

Comment une communauté devient-elle mémoire ?

Une communauté ne se constitue pas seulement par ce qu’elle partage dans le présent. Elle se construit aussi à travers ce qu’elle choisit de conserver, ce qu’elle transmet, ce qu’elle transforme et parfois ce qu’elle tente de soustraire à l’oubli.

FAIRE COMMUN réunit Naïla Salmi, Pablo Ricchetti et Lucas Giraud-Bouraoui / PRINCE, trois pratiques qui interrogent, depuis des médiums et des expériences différentes, la manière dont une mémoire individuelle peut devenir collective.

Photographies, peintures, textes, textiles et bijoux composent ici un ensemble de traces. Certaines proviennent d’images saisies dans le quotidien, d’autres d’histoires familiales, de territoires hérités ou de gestes transmis. Toutes posent une même question : à quel moment une expérience cesse-t-elle de n’appartenir qu’à soi pour rejoindre une histoire commune ?

Chez Naïla Salmi, photographie, poésie et textile se rencontrent dans une pratique traversée par les notions d’appartenance, de déplacement et de transmission. L’image quitte parfois son support traditionnel pour s’inscrire dans le tissu, matière souple, mobile, proche du corps. Entre territoire vécu et territoire hérité, ses œuvres font apparaître une mémoire qui circule entre les lieux, les générations et les récits.

Avec Jeunesse Parisienne, Pablo Ricchetti part au contraire d’images ordinaires, photographiées dans l’instant et destinées à disparaître dans le flux numérique. Il les transpose à l’huile sur toile et modifie ainsi leur temporalité : soirées, amitiés, manifestations, corps et gestes d’une génération acquièrent la durée de la peinture. Ce qui relevait de l’image fugitive devient trace ; ce qui semblait anecdotique commence à constituer la mémoire d’un groupe.

Chez Lucas Giraud-Bouraoui, fondateur de PRINCE, la transmission passe par l’objet et par le geste. Ses bijoux, dessinés en dialogue avec la culture amazighe et réalisés en collaboration avec le forgeron touareg Ibrahim Khamed Rissa, mettent en relation création contemporaine et savoir-faire transmis. Le bijou n’est plus seulement un ornement : porté sur le corps, il devient signe, héritage et mémoire en circulation.

Faire commun ne signifie alors ni effacer les singularités, ni produire une histoire unique. C’est accepter que des expériences distinctes puissent se rencontrer, se transmettre et former progressivement un langage partagé.

L’exposition envisage ainsi la communauté non comme une forme fixe, mais comme un processus. Une communauté se construit dans les images que l’on conserve, les récits que l’on raconte, les objets que l’on porte, les gestes que l’on apprend et ceux que l’on transmet.

La mémoire n’existe peut-être pas avant le commun : elle apparaît précisément au moment où quelque chose passe de l’un à l’autre.

Lucas Giraud-Bouraoui, Pablo Ricchetti, Naila Salmi

Galerie KHÅL, 6 rue de l'Arbalète 75005 Paris

17 décembre 2026 — 23 janvier 2027

Du mardi au samedi de 11h00 à 19h00

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